Flash or not Flash ?

9 juillet 2009

Logo FlashLa question revient fréquemment en prospection : "Vous faites du Flash aussi ?". Je me lance généralement dans un discours argumenté plus ou moins mal préparé dont le but ultime est de déconseiller l’utilisation de Flash. La raison principale est que je perçois chez mon interlocuteur l’envie du fun à son site et que Flash résonne en ses termes à ses oreilles. Un site en Flash est un site qui en met plein la vue.

Ce post a donc pour objet de résumé mon point de vue sur le pour ou contre Flash avec un maximum d’arguments à mettre dans la balance sur son choix ou pas d’utiliser Flash dans un projet web.

Les principaux griefs que j’ai vis-à-vis de Flash :

  • Un site en Flash coute plus cher
    D’expérience, un temps supplémentaire devra être consacré à l’interactivité, aux animations et si nous voulons un site web dont les contenus sont gérés avec un CMS (ce qui correspond à une majorité des demandes aujourd’hui) cela augmente encore les développement pour faire communiquer le CMS avec Flash. Soucis qui ne sont évidemment pas présents (ou en moindre mesures) lors de la réalisation d’un site basé sur le standard XHTML-CSS.
  • Un site en Flash se référence mal
    Aux dernières nouvelles, Google indexe toujours très mal ce qui se trouve à l’intérieur du fichier Flash .swf. Il faut donc trouver des astuces pour offrir à manger et à boire à Google pendant qu’on envoie la sauce full Flash au surfeur, ce qui nous renvoie au point 1.
  • Un site en Flash n’est pas accessible
    Préoccupation sociale, argument qui me semble important à mettre dans la balance. Ce qui se trouve dans un fichier Flash ne sera pas lu par une barrette braille par exemple ou tout autre navigateurs "non graphiques" (lire ce post pour en savoir plus)
  • Un site en Flash est mal supporté sur les browsers mobiles
    Un site en Flash n’est pas consultable sur un iPhone. Je sais que d’autres terminaux mobiles supportent parfois plus ou moins le Flash Player mais les mises à jour ne sont pas toujours aussi vite supportées que pour les browsers classiques. A contrario : développer un affichage de son site spécifique aux terminaux mobiles est un jeu d’enfant sur base du standard XHTML-CSS
  • Un site en Flash vieillit mal
    changement de l’enveloppe graphiques, ajouts de modules complémentaires... Autant d’éléments qui peuvent remettre en question fondamentalement un site développé en Flash.

L’alternative...

L’AJAX bien entendu ! La librairie JQuery par exemple permet une quantité d’effets qui ajoutent une touche de fun et d’interactivité à un site web réalisé sur une base XHTML-CSS : effet de transition fade-in-fade out, déplacement d’éléments, textes, images, etc. Le contenu reste accessible, référençable, lisible parles terminaux mobiles et facilement adaptable sur le moyen long terme. En terme de coût, cela génère bien entendu un temps de travail supplémentaire mais la communauté open-source entourant généralement les projets de librairies AJAX permet de se reposer sur des outils performant à un cout d’utilisation intéressant.

L’AJAX ne remplacera bien entendu pas Flash. Une belle animation faisant appel à différents éléments graphiques tels que des modélisation 3D mélangées à de la vidéo et des textures photoshopées le tout mis en rythme sur un beat musical ne pourra bien entendu être réalisée qu’en Flash (les mauvaises langues ajouteront "ou en Silverlight"). Ce qui m’amène au point suivant...

Les cas où je trouve que Flash se justifie

  • les expériences multimédia : un site où l’objectif est avant tout de plonger l’utilisateur dans une expérience multimédia et interactive. 1MD a réalisé récemment un beau projet dans le style, the Prototype experience.
  • les sites de vidéos  : la popularité du format FLV pour la vidéo est un élément à mettre clairement en avant si le site à réaliser proposera beaucoup de contenu vidéo.
  • les animations localisées sur le site : dans certains cas, un petit élément animé dans une entête de page peut effectivement apporter un plus au site (et renforcer la cohérence d’identité visuelle du projet). Dans ce cas, on fera en sorte que cette zone ne contienne pas de "contenu" à proprement parlé.
  • le bannering : principalement destiner à la publicité.

Deux exemples pour terminer

  • Le site du Brussels Summer festival : Au départ une chouette idée. Le fond d’écran n’est pas une image fixe mais une vidéo par dessus laquelle vient s’afficher le contenu. L’effet visuel est intéressant, bonne expérience utilisateur. Cet effet positif est malheureusement pas suffisant pour justifier la réalisation de ce site en Flash. Cette décision m’empeche par exemple de consulter deuis mon téléphone les horaires de passage des artistes alors que je suis en route pour le festival. Idem pour une personne mal voyante qui est pourtant une grande amatrice d’autres expériences sensorielles comme la musique.
  • Le site du designer Daniel Gutiérrez : les effets sur le menu et le diaporama d’images sont réalisés en AJAX. Ces petits éléments ajoutent un effet fun au site tout en respectant le standard XHTML-CSS. Autre exemple de galerie : Anywhichway

Enfin pour répondre à la question du premier paragraphe : "Oui je fais du Flash et je connais ActionScript 2".

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Commentaires

Assez d’accord avec cette limitation de Flash à ce pour quoi il est prévu : l’animation interactive.

Je suis curieux de voir où va nous mener l’évolution des navigateurs. Plusieurs tendances complémentaires pourront se partager le gâteau d’une "expérience utilisateur complète" : HTML5 et l’inclusion "native" de vidéo, ouverture du format Flash et extension de son adoption y compris sur les mobiles, frameworks JavaScript/AJAX étendus et meilleurs moteurs de rendu...

Personnellement, j’opterais plutôt pour des solutions 100% ouvertes et interopérables. Flash n’en fait pas encore tout à fait partie (pas d’IDE valable en logiciel libre). Mais un jour qui sait...

10 juillet 2009 | Par TICanalyste

There is also a way in between : it is possible to build a site that has a flash frontend that degrades gracefully : if a browser of a search robot visits the page the content is displayed in html. For Drupal there are tools to accomodate this, so you can even have dynamic content management on the background.

That way you can get flash AND good accessibility, referencing and SEO.

11 juillet 2009 | Par kvantomme

@kvantomme : I did some websites in that way. By using SPIP for example it’s really easy to export data in XML format and parse it into Flash. But I come back to my point 1 : that costs more money than a XHTML/CSS-based website ! For a result and a way of managing content that I’m not sure it’s as flexible as a XHTML/CSS environment. Last question : as designers why should we create different websites to suit all audiences (Google, flash browser, non flash browser, accessibility, ens.) if we can juste create 1 that suits well for everybody ? It’s the same question in real life : why an architect or a designer should create different ways of using a building or an object if they can create a universal way of using them (doors that are larger enough to be used by common people, people with handicaps, ens.).

12 juillet 2009 | Par

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