Lille, consommateur et websites
29 mars 2007Bloqué à Lille pour la fin de la semaine. J’interviens comme "support technique et communication" pour la mise en route des nouveaux modules du projet Européen Dolceta, un site d’information pour les consommateurs. 27 pays representés, experts et autres ’national teams’ sont réunis pour discuter de l’organisation de la nouvelle plateforme. Thème de celle-ci : Consumer safety. Large évidemment, très, trop large. Difficile de développer une communication adaptée et des bonnes idées de vulgarisation au sein d’experts qui sont surtout intéressés par les matières qui doivent absloument apparaitre sur le site, qu’importe que les gens comprennent ou pas
C’était déjà le problème sur les 2 précédents modules, sur lesquels notre équipe chez Média Animation n’est intervenue qu’un fin de processus comme support aux différents pays chargés d’implémenter le contenus sur le site dans les différentes langues.
Hier soir, chouette rencontre au dîner organisé : Christophe de l’Institut National de la Consommation (INC) à Paris. Un vrai passionné de son métier qui parlait d’un gros projet web sur lequel il est depuis quelques mois : CTACONSO.
Plusieurs choses sont étonnantes dans ce projet web :
- ce site est à l’initiative d’une institution nationale (subsidiée à 25%, ca aussi c’est étonnant) et utilise une communication plus issue du privé (viral marketing, langage publicitaire...). L’INC a payé une étude assez poussée sur la cible (les ados) avant de se lancer dans l’aventure. Ensuite une boite de web spécialisée une fois de plus dans cette cible a réalisé le site. En Flash, beaucoup de vidéo, peu de contenus, et surtout des jeux et des trucs à gagner ("Tu veux envoyer des SMS Gratos et blinder ton mobile de contenu fun, inédit et pas débile ? Alors clique ici"). Sur ce point, depuis que je travaille dans le secteur non-marchand, le débat semble toujours avoir été là : doit-on communiquer sur le mode du monde marchand sous prétexte que ca marche mieux ? Aujourd’hui, selon Christophe, les ados croient plus en une marque comme Nike au travers des valeurs qu’elle véhicule qu’un organisme public de santé ou de jeunesse... Selon Christophe, ce n’est pas renoncer à ses propres valeurs que de s’adresser sur un mode de communication que les jeunes acceptent. J’avoue que j’ai un peu de mal à me faire une opinion sur le sujet mais effectivement, sans retourner sa veste, je pense que la communication du non-marchand doit être moins réfractaire à ce mode de communication. World is changing...
- Le site est réalisé en Flash mais ho ! surprise il est très très bien référencé. La boîte de web a fait un travail spécifique sur le sujet et payé une boite spécialisée pour un travail particulier sur les mots-clés type "consommation" : voiture, assurance, argent, santé, etc. J’étais très curieux de savoir comment un site en Flash pourrait à ce point relever le défi du référencement quand on sait que, même s’il a fait de gros progrès dans la matière, Google n’a que peu d’accès aux contenus d’un fichier Flash. J’ai donc ouvert le capot (crtl+U dans Firefox) : A mon grand étonement on trouve un site complet en HTML ! Tout y est : les titres, les liens en durs, les mots-clés... Tout pour qu’un robot aveugle de chez Google puisse se balader et pomper le contenu sans difficultés. La feuille de style se charge ensuite de masquer tout cela et n’affiche que le fichier Flash en fullscreen. Il faut que je teste ca à l’occasion...
- L’ampleur de la campagne. Christophe sortait le chiffre de 12000 SMS échangés par jour via le site (et on s’en doute grâce à un tarif méga réduit négociés avec les réseaux) ! Je me suis pris en pleine face le fait que bosser sur des projets qui touchent notre communauté française et dans le mieux toute la Belgique est finalement un public ultra réduit (j’entends les sceptiques dire "oui mais internet n’a pas de frontières"...). Heureusement il y a les projets européens ;-)
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